Soulagement

stress-angoisse-anxiete

Je peux m’angoisser jusqu’à m’en rendre malade, à ressentir des symptômes physiques : douleur persistante au niveau du sternum et dans ma gorge, maux de tête, impossibilité de manger quoi que ce soit, comme si mon estomac criait non, et d’autres choses que je n’arrive pas à décrire. Cela va en croissant, puis, je passe à l’action, là, je me calme. J’assure. S’il y a du public, il doit se dire que je suis forte. On m’annonce une bonne nouvelle ou je trouve une solution, et soudain, en une seconde, les symptômes disparaissent.

C’est ce qui s’est passé ce matin. Depuis le 5 octobre, jour de l’IRM et de la dernière biopsie, je n’ai cessé de me faire du souci, d’envisager des situations de plus en plus dures et graves. Ce matin, une fois arrivée au parking de l’hôpital, à l’heure malgré la circulation démentielle, j’ai senti que je me calmais. Puis j’ai parlé au chirurgien. L était à mes côtés. Il m’a dit que la deuxième « chose » détectée par le radiologue n’était finalement que quelque chose de bénin, que j’allais être opérée en ambulatoire le 3 novembre, comme prévu, et qu’on ne me retirerait que la petite tumeur. Et depuis, je vais tellement bien que j’en oublierai presque que j’ai quand même un cancer.

Hier j’avais fait une séance de micro-kinésithérapie qui m’avait déjà fait un grand pas dans ma capacité à respirer.

Et demain, je vais voir une acupunctrice. On m’a dit qu’il était judicieux d’en voir une avant et après l’opération. Je vais aussi lui parler des « coupeurs de feu » dans l’optique de la radiothérapie.

Mais je ne fais pas que des choses liées au médical. Cet après-midi je suis allée bavarder sur la terrasse d’un salon de thé, dans une petite place du centre ville, où l’on se sent complètement au calme. Demain soir, je mange avec ma cousine. Je ne sais pas encore où. Mais je vais trouver une idée.

L nous a abonnées à Netflix, alors je vais pouvoir regarder des séries et des films en anglais. Jusqu’ici, je n’ai pas réussi à m’y mettre. Trop dur de se concentrer. En revanche j’ai commencé à numériser des vieilles photos de famille, que je mettrai en ligne pour que tous les membres de cette famille puissent les consulter.

Demain, je lirai en détail le programme  »Canto » auquel j’ai accepté de participer. Je vous en dirai plus quand cette lecture sera finie.

stress-angoisse-anxiete

A comme angoisse et comme amitié

d771e84ade150bb34599aedcf9f9b291--girl-reading-reading-books

Beaucoup de choses se passent chez moi qui entraînent une angoisse. Pour beaucoup, je sais que ça ne serait rien. Mais j’ai toujours été anxieuse, à l’excès, même petite fille. Et aujourd’hui, je me sens aussi fragile que quand à l’école primaire je craignais d’avoir oublié quelque chose. J’ai fait relever mes parents, sortir l’encre violette, en pleine nuit, pour m’apercevoir que j’avais déjà recopié l’exercice. Je retrouve ces trouilles avec les papiers à remplir pour la mutuelle, les ouvriers qui font des travaux chez moi, et cette nuit en me demandant soudain si j’avais le droit de partir en weekend alors que je suis en congé de maladie. Je n’en ai pas dormi, 8 heures à tourner dans le lit et à essayer de calmer mes brûlures d’estomac, et mon médecin a réussi à me rassurer en 10 minutes. Du coup, après avoir arrêté quelques jours, sans vrai raison, j’ai repris Petit Bambou, avec une vraie raison ! Et ça marche plutôt bien. J’ai du mal à démarrer une activité ou un livre, parce qu’il y a toujours quelqu’un qui m’interrompt ou le sommeil qui me prend dans la journée, alors qu’il me fuit la nuit.

A comme angoisse et comme amitié

Hier j’avais rendez-vous avec mes copines de sixième en ville pour boire un verre vers 17 h. Je connais l’une d’elle depuis 53 ans ! et les autres depuis 48 ans. Ça donne le vertige à dire comme ça, mais quand on est ensemble, on bavarde, on rigole comme si la récré allait se terminer et qu’il fallait qu’on en profite à fond.

Et comme tous les vendredi soir, L rentrait. S’il n’y avait pas eu cette histoire de weekend hors ma ville et mon département, j’aurais sans doute pu dormir un peu plus. Là, de surcroît, je l’ai empêchée de s’endormir. Je ne suis pas un cadeau en ce moment.

J’ai reçu un « reminder » de l’hôpital pour mon rendez-vous de mardi. Ça approche. Bientôt la fin de cette attente qui est en train de devenir insupportable. Tout en redoutant les soins et même l’opération, j’ai hâte que cela se passe. Tout le monde s’adresse à moi comme si j’étais une grande malade, est gentil d’une manière sympa mais à laquelle je ne suis pas habituée, même ma dentiste que je trouve pourtant rigolote et compétente sans me faire mal d’habitude, a décidé hier de séparer mon détartrage en deux séances pour que j’aie moins mal ! Elle fera aussi une radio panoramique pour être sûre que je n’ai rien de gênant pour l’opération. 

Les collègues au lycée m’envoient aussi des messages, demandent gentiment de mes nouvelles. Je culpabiliserais presque d’en avoir marre du lycée, comme j’en ai marre depuis deux ans. Je reçois également des messages de mes amis de l’étranger : USA,  Allemagne, Angleterre… Je vais redécouvrir le plaisir des vraies lettres.

d771e84ade150bb34599aedcf9f9b291--girl-reading-reading-books

La vie est presque normale

1697349859

Ma remplaçante s’est fait voler son téléphone. Pendant un cours ! C’est une première dans mon lycée. La pauvre n’avait pas souscrit à une assurance spéciale. Bad luck.

Et moi, j’attends toujours.

Jeudi dernier, donc, je passais des examens. Une IRM d’abord. C’était prévu depuis le début. Le radiologue l’avait préconisé. Comme il m’a expliqué, c’est compliqué de lire le sein d’une femme. En effet, pour une mammographie, elle est debout. Pour une échographie, elle est allongée sur le dos. Et pour l’IRM, elle est couchée sur le ventre.( Oui, pour celles qui ne sont pas passées par là, il y a deux trous pour les seins et un pour le visage, comme pour les tables de massage.)  Pendant l’IRM on m’a proposé d’écouter la radio. A proscrire ! En effet, déjà ils choisissent une radio insupportable. Que du bruit. Heureusement, le bruit de la radio est couvert par le bruit de la machine la plupart du temps. On nous parle un peu, mais pas beaucoup comparé à l’IRM cardiaque durant lequel on doit faire un tas d’exercices, d’apnée, de respiration, puis d’apnée, etc. Là, il faut juste se tenir tranquille. Evidemment, c’est toujours à ce moment là que ça nous démange. Après l’IRM, le radiologue est venu rapidement me dire qu’il avait trouvé un deuxième spot, et qu’il vérifierait à l’échographie, qui suivait quasi-immédiatement, ce que ça pouvait être. Donc, étape 2, Echographie, après 3 quarts d’heure en salle d’attente. Là, le radiologue a surtout parlé à sa collègue, ce que j’ai moyennement apprécié, de problèmes pas directement liés à mon cas. D’habitude, dans son cabinet privé, il n’est pas comme ça. Bon, il a fait son boulot quand même. J’ai compris que le petit truc nouveau pouvait ou ne pouvait pas être bénin et qu’il préférait faire une biopsie. Donc biopsie il y eut. 3 aiguilles. Une pression qu’on m’a demandé de maintenir ensuite pour empêcher la survenue d’un hématome. Ça ne marche pas. Comme le « bidule » est très petit, il a laissé un clip à l’intérieur pour que le chirurgien puisse le localiser lors de l’opération. Puis le radiologue est parti, me laissant avec son assistante, qui m’a dit que j’aurais les résultats de la biopsie le 17, jour de mon rendez-vous pré-opératoire avec le chirurgien. Ce qui est rassurant : il n’y a pas eu de biopsie de la masse de calcifications, car il est formel, rien n’a changé de ce côté là. Il connait mes seins depuis 17 ans ! Et il n’a pas retouché aux ganglions, celui qu’il avait prélevé la dernière fois était négatif. Ma généraliste m’a dit que de toutes façons, de nouvelles analyses seraient faites lors de l’intervention. Intervention, opération, tumorectomie, ablation… Le plus dur est de ne pas savoir ce qu’il en sera exactement. Que de mots pour une même chose, un mauvais moment.

Je suis allée seule à ces deux rendez-vous matinaux. Mais le 17 L m’accompagnera. Je vais l’appeler L ici. C’est plus simple. Mon épouse, c’est pompeux et ringard, ma conjointe, trop administratif. Mon autre moitié essentielle, l’amour de ma vie, mon pilier d’amour… trop emphatique. Alors, L me soutient du mieux qu’elle peut. C’est la première fois qu’elle se prend une nouvelle comme ça, qu’elle doit accompagner quelqu’un qui lui est cher dans la maladie. Je ne dis pas que je sais faire. Mais je sais que les épreuves qui peuvent paraître les plus insurmontables quand on nous les annonce, se surmontent au jour le jour, sans qu’on se demande comment sur le moment. Ça passe, on survit, c’est tout. Donc, elle m’accompagne, mais n’est là que le weekend, comme c’est le cas depuis 15 ans, pour raisons professionnelles. Nous y arriverons quand même, j’en suis sûre.

Ce weekend a été riche en émotions. Repas chez des amis samedi et concert à Paris dimanche, prévu de longue date. Retour au quotidien, banal et angoissant. Le moral est retombé aussi. Heureusement il y a des amis. Hier à midi deux potes grévistes sont passés. Bière et pizza, thérapie douce. Et à midi, déjeuner en ville avec une autre collègue, plus jeune, mais très sympa aussi. 

La vie est presque normale 1697349859

Repérer les signes de la maladie et lui résister.

Depuis hier j’ai commencé à utiliser une appli qui s’appelle « Petit Bambou ». C’est un programme de méditation. Les deux premières séances me rappellent énormément ce qu’on appelait « relaxation » il y a 30 ans. Mais c’est bien. Je vais essayer de m’y tenir et dix minutes tous les matins je me motiverai pour redonner de la force à ma tête et à mon corps.

Hier j’ai eu une journée occupée comme jamais je n’en ai, même pendant les vacances. J’ai vu des gens, j’ai fabriqué quelque chose (du chutney à la figue), j’ai fait des courses, j’ai mangé dans un café avec une amie, j’ai cuisiné quelque chose de léger pour ma cousine qui venait grignoter avec moi après sa longue et dure journée de travail. C’est un peu culpabilisant et déstabilisant de me sentir libre de ne rien faire ou d’agir, sans me sentir malade, quand d’autres se fatiguent. Surtout que je suis intimement persuadée que c’est la fatigue, l’usure ressentie à cause de mon métier, les soucis familiaux, qui m’ont rendue incapable de me battre contre le développement de cette cellule cancéreuse.

Ce qui me déculpabilise un peu et me fait un peu plus rentrer dans le statut de malade ayant droit de s’arrêter de travailler, c’est que depuis hier j’ai une remplaçante. Je l’ai vue hier et la revois aujourd’hui, histoire de lui dire exactement où j’en suis avec chacun de mes 10 groupes et de lui  donner des conseils, vu que c’est sa première « mission » (c’est comme ça qu’elle dit) en lycée. Je lui ai donné une clé USB contenant tous les documents déjà utilisés et ceux qu’elle peut utiliser pour la suite, des projets d’évaluation, et quelques explications.

J’ai reçu un mail du lycée hier me demandant, comme à tous les collègues, d’aller signer mon état de service. Je ne sais pas si je vais être obligée d’y aller. Demain matin, je passe des examens. IRM, échographie, peut-être biopsies. Si je suis en forme en sortant, je pourrai peut-être passer discrètement signer. Hier je passai une échographie pelvienne. Tout va bien. Enfin, de ce côté là.

Quand je vais bien, comme hier, sans baisse de moral caractérisée, j’en arrive à presque me demander si je n’ai pas tout rêvé. Je n’arrive pas à me dire « J’ai un cancer. »

Repérer les signes de la maladie et lui résister. Zen-Buddhist-Meditation-Yoga-Vinyl-Sticker-Chinese-Home-Wall-Decal-Removable-Wall-Stickers-Home-Decor-Living.jpg_220x220

Et pourtant, c’est dimanche

Difficile d’être forte.  Il faudrait que, comme on m’a retiré le poids, immense je l’admets, de mon travail en me mettant en congé de maladie, on me retire le poids des soucis du quotidien. Je voudrais ne plus avoir à penser au compteur d’eau qui doit être déplacé et aux travaux qui vont me coûter une fortune. Ne plus me dire que dorénavant pour  emprunter, il va me falloir affronter la défiance, parce que je suis malade, et que ce que j’ai, on en meurt. Ne plus m’attrister de voir ma tante perdre le contact avec notre monde, à cause d’une autre maladie, Alzheimer. Je voudrais ne plus avoir à tout cela et me dire « tu as tout le temps, fais ce que tu veux, ce dont tu as envie. » Mais je réalise qu’il est si difficile d’avoir des envies quand on a peur.

Rencontre 1

mandela

J’ai toujours été du côté des visiteurs. Hier pour la première fois, j’appartenais, comme disent les anglais. Enfin, il me faut aujourd’hui réaliser pleinement que je fais partie de ce nouveau monde. J’ai attendu à côté d’une dame qui portait un foulard enturbanné sur la tête, et un jour j’aurai peut-être cette tête là. Quoique, j’ai déjà évoqué cette éventualité là dans ma tête et me suis dit que je préférerais une perruque. Une éventualité que je n’avais pas évoquée mentalement, c’était celle d’une ablation totale du sein. Mes radios et une nouvelle palpation ont rendu le chirurgien perplexe. Oui, le placard fibreux correspondant aux calcifications a toujours été là, enfin depuis 20 ans au moins. Mais lui, il le découvrait. Du coup, il a un doute. Et s’il y avait des cellules cancéreuses à l’intérieur, qu’on ne voit ni à la radio, ni à l’IRM ? Alors, on va prévoir l’opération pour le 3 novembre, mais auparavant, on va procéder à l’IRM, comme prévu, mais aussi faire de nouvelles ponctions. Dans le sein, et dans les ganglions. Mon radiologue va être occupé. Et puis, en fonction des résultats, on décidera. Soit une chirurgie conservatrice, soit une ablation du sein. Ce serait aussi préjudiciable de retirer seulement le nodule et de s’apercevoir ensuite qu’il y avait des cancers partout, que de retirer tout le sein sans vérifier en pré-opératoire, et s’apercevoir qu’il n’y avait que le nodule de cancéreux. C’est un raisonnement cohérent, comme m’a dit ma cousine scientifique. Mais, pour moi, la littéraire, qui n’y connait rien aux cellules, ça fout juste la trouille et ça me renvoie au début. Un peu moins angoissée que juste après la première biopsie peut-être. Je dois être en train d’accepter la situation. J’ai un cancer. On va le soigner. Il se peut que cela soit long et douloureux. Je vais résister, comme tous ceux que cela touche. C’est juste que je ne l’attendais pas là, ce foutu cancer. Ça devrait être la date de ma coloscopie de contrôle. Le chirurgien m’a dit que ça pouvait attendre. Oui, on ne va pas faire des anesthésies générales en série pour le plaisir.

Rencontre 1 mandela

Cette fois, c’est pas bon.

6cab4057d7e2e04e8799efc7ac43b288

C’était mercredi. Les mots n’ont pas été les mêmes qu’il y a trois ans. J’ai su toute la semaine que ce serait positif, même si par moments, je me mettais à espérer le contraire. A chaque fois, une montée d’adrénaline, une angoisse. Et faire semblant, parler du futile, de l’utilitaire, à des élèves qui attendent de moi une nouvelle année réussie. Il n’y a vraiment que moi pour me choper un cancer une semaine après la rentrée, alors que pour une fois mon emploi du temps est nickel, et que toutes mes classes ont l’air sympa et rigolotes. Si, si, pour une fois mon humour passait, sans que j’aie à l’édulcorer. Le mercredi suivant, j’ai eu la confirmation. C’était bien cancéreux. Oh, pas un gros ! Mais quand même consultez vos médecins sans retard ! Sans retard, ça veut dire quoi ? « Pas trop lentement », ou « hyper urgemment » ? J’ai opté pour « tout de suite ». Et les deux femmes que j’ai choisies respectivement il y a 24 et 17 ans, ma généraliste et ma gynécologue, se sont mises à s’occuper de moi, à me rassurer, à agir, pour que je sois prise en charge par le centre hospitalier de mon choix. Et demain, enfin, je saurai à quelle sauce on va me cuisiner. Chimio avant, après ? Radiothérapie. Pour ça, il n’y a pas de point d’interrogation. Des questions, malgré tout : combien de séances ? Quels examens avant l’opération ? 

Sur ce blog je vais essayer d’écrire les faits et les ressentis de cette nouvelle période de ma vie. J’espère que mon blog ne sera pas un gros blog, tenu pendant des mois, voire des années. J’essaye d’être optimiste, et me dis, allez, six mois, ce n’est pas long. Ça va me faire une pause.

Cette fois, c'est pas bon. 6cab4057d7e2e04e8799efc7ac43b288-185x300




Cahiernumeriquece2 |
Mycoachblog |
Similar To Payoneer Card Apply |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Conscience & les sym...
| Cazare Baile Herculane Casa...
| Cazare Costinesti Cea Mai I...