“S’il y a des noix L’hiver sera froid.” Dicton français…

noix en écale

Rien depuis le 9 janvier. Presque un mois. Est-ce dû à la routine, à la baisse de moral, aux petits désagréments physiques ? Je ne sais pas. Mais écrire m’est apparu trop fatiguant à chaque fois que j’y ai pensé.

Après l’opération, tous les jours je sentais un mieux. Depuis le début de la radiothérapie, c’est le contraire. La chaleur s’ajoutant à la chaleur, la brûlure à la brûlure, en un point si précis soit-il, et avec une irradiation aussi courte soit-elle, cela finit par vous attaquer. Cela se voit sur la peau, d’abord comme un coup de soleil, puis il y a des boursouflures, des petites croûtes, minuscules. Un soir, le sein gauche a porté la même marque rouge que le sein droit, comme une copie symétrique. Cela m’a intriguée, mais également les manipulateurs radio, et l’interne qui m’a vue après qu’ils lui en aient parlé. Elle a pris une photo (on ne voyait pas ma tête, m’a-t-elle rassurée. Donc si vous l’avez croisée sur instagram, vous ne connaîtrez que mes seins, pas mon minois !). Le lendemain, il n’y avait plus rien. J’en ai parlé à la personne qui coupe le feu, mais elle m’a dit qu’elle ne pouvait en aucun cas retirer la chaleur d’un côté pour la faire passer de l’autre. On ne sait jamais ! 

Tous les soirs donc deux jeunes, hommes et / ou femmes, me positionnent sur la table, et se sauvent pour revenir quelques minutes plus tard. En tout ça dure 5 minutes, plus 5 minutes de déshabillage / rhabillage. Le personnel change toutes les semaines. Et pourtant on commence à se connaitre. Ils sont adorables, ont de l’humour, du respect et des attentions hyper-gentilles. Bien que si l’on ajoute les trajets aller / retour, en comptant une petite marge avant pour ne pas risquer d’être en retard, ça me prenne en tout presque une heure tous les jours, de nuit, parce que j’y vais vers 20 h, je ne redoute pas tant que ça ce moment, pour l’instant. Mais la douleur se fait sentir, même le weekend, et je crains de devoir demander de l’aide pour m’y rendre pour les dernières séances. Jusqu’ici, je suis mon propre taxi. 

Je ne manque pas d’occupations. Je vais donc deux fois par semaine voir la coupeuse de feu. J’ai pris contact avec une association qui propose un tas d’activités diverses pour accompagner les malades et j’y ai reçu un super massage shiatsu du crâne et du visage. Mardi je vais faire une séance d’art-thérapie. J’y ai bu du thé et bavardé avec d’autres femmes ayant vécu des expériences à la fois semblables et très différentes. Je ne regrette pas d’avoir choisi le centre de soins où l’on me suit. J’ai repris les cours de peinture, mais la semaine dernière, j’ai déjà déclaré forfait, car j’étais extrêmement fatiguée. Je me prépare mentalement à y retourner lundi. Il faut absolument que je puisse faire la sieste avant. J’ai des visites d’ami.e.s, de collègues, surtout des femmes. Les hommes du boulot m’envoient des SMS. Des mails quand ils sont en verve. Mon chat me tient compagnie et devient de plus en plus calme et affectueux. Il a un an et quatre mois. Presque l’âge de raison.  Moins sympa, je dois gérer les papiers et problèmes de communication avec ma mutuelle d’une part, mon médecin, mon établissement et l’académie. Tout n’est pas simple. Et quand on a un cancer, même quand on peut se dire qu’on n’a pas été trop gravement touchée comme moi, eh bien, le moindre problème fait monter la panique. 

Heureusement il y a les weekends. L rentre et me rassure. On s’appelle tous les jours aussi. Mais quand elle est là, je peux me reposer sur elle. Et elle est moins inquiète aussi. Elle a vu une offre d’emploi qui va peut-être lui permettre de vivre à plein temps à la maison. Mais on ne veut pas trop rêver.

“S'il y a des noix L'hiver sera froid.” Dicton français... peinture6

Josef-Marian CHELMONSKI – Les cigognes. Tableau qui évoque l’espoir de jours meilleurs…

Grosse Fatigue

Natural-Remedies-for-Fatigue
Les séances de radiothérapie ont commencé. Vendredi. Je trouve la machinerie impressionnante, et ce moment de solitude, sans qu’on te parle du tout, mais qui dure longtemps et pendant lequel tu ne sais pas exactement quand ça irradie ou non, assez pénible. Même plus pénible que tous les scanners et IRM que j’ai pu passer. Hier en plus, j’ai eu envie de tousser, ça m’a piqué dans la gorge, j’ai réussi à me retenir, mais à la fin, j’avais des larmes plein la figure ! génial…
    Cancer-mieux-comprendre-les-effets-secondaires-de-la-radiotherapie_exact540x405_l101205_IMG_25403_HR
Mes séances ont lieu le soir, avec un horaire variant de 18h40 à 20h15. C’est bien, parce que ça ne m’empêche pas d’avoir des activités, sauf peut-être la séance ciné de 18 h, mais c’est sinistre cet hôpital. Pas un chat sur le parking, sauf quelques ambulances, feux allumés, on dirait un endroit désert où les dealers attendent le client. Pas un chat non plus côté blouses blanches dans les couloirs ou au secrétariat. Dans la salle d’attente, au maximum trois autres personnes bien plus abîmées que toi. Bref, très remontant ! En plus il fait un froid de canard, et hier j’ai cru que j’allais tomber malade. J’avais pris mon bouquin. Vu qu’à une époque je ne lisais qu’en anglais, j’ai raté quelques best-sellers français, spécial plage, littérature qui me va très bien aujourd’hui. J’ai choisi Katherine Pancol. 
583089
Tous les lundi je rencontrerai une interne à qui je peux poser toutes les questions qui me passent par la tête. Hier j’ai voulu savoir pourquoi le protocole annoncé de 25 séances était passé à 33 séances. Elle m’a dit qu’il y avait 25 séances pour le sein et 8 séances de plus pour la cicatrice. J’ai un peu de mal avec cette réponse. Avant l’opération, il me semble que le chirurgien savait qu’il y aurait une cicatrice, non ? A part ça, j’ai le droit d’aller à la piscine et au sauna. Je peux continuer à mettre mes patchs qui me font beaucoup de bien contre mes douleurs neuropathiques. 
 
Sinon, tout va bien. J’ai vu samedi la dame qui coupe le feu. Son occupation officielle, c’est sophrologue. J’utiliserai peut-être ses services quand il faudra que je retravaille et que j’arrive à aller au lycée sans ressentir d’asphyxie ou de nausée (ce qui a été le cas les 2 fois où je suis passée…).
J’ai décidé de croire en ce qu’elle fait. Même si c’est un peu au-delà de mon cartésianisme congénital. En tout cas, elle est sympa. Et elle ne se fait pas payer. Je vais calculer combien de temps je passe chez elle et la dédommagerai au tarif ostéo/psycho/réflexo (toutes les spécialités que je paye parallèlement) à la fin. Chaque séance dure environ un quart d’heure. Je vais la voir toutes les deux ou trois séances, selon l’état de ma peau, je pense.
maxresdefault
Tout à l’heure je vais chez l’ostéopathe. Tant mieux. Une cruralgie connue depuis des années, me fait extrêmement souffrir depuis six mois. La première séance d’ostéo m’avait soulagée, mais la douleur est revenue, petite d’abord, mais avant hier, j’ai eu une crise qui s’est avérée une véritable séance de torture, chocs électriques, ce qui m’a empêchée de dormir toute la nuit. L, qui est adorable, est de ce fait partie à la gare à pied ce matin, me laissant dormir une heure de plus en attendant l’arrivé de l’aide-ménagère. C’est vrai que je suis fatiguée. Hier, je pensais aller à mon cours de peinture avant la radiothérapie, je n’ai pas pu. 
Natural-Remedies-for-Fatigue
 
J’ai un emploi du temps de ministre ! ou de retraitée. D’ailleurs, je crois que j’ai intégré malgré moi ce statut de retraitée… sauf que je dois retravailler après ! J’ai l’impression d’être autant traumatisée dans ma tête que dans mon corps. Pas par la peur de la maladie, mais par la peur d’avoir à ré-affronter le rythme dingue du lycée, avec une nouvelle réforme qui nous est annoncée, par des gens tout aussi incapables que les précédents, réactionnaires et ignorants du système de l’enseignement public, puisqu’ils ont tous fait leurs études dans le privé. 

 

« Les imbéciles n’ont jamais de cancer. C’est scientifique. » Pierre Desproges

bout du tunnel

Le 21 décembre, j’ai vécu une première. Je me suis fait tatouer !

Je ne suis pas en train de céder à la mode, mais c’est une étape obligatoire avant le début de la radiothérapie. On m’a tatoué deux points : un entre les deux seins, et un sous le bras droit, à côté du sein. Cela leur permet ensuite de me replacer pour être sûr de l’endroit vers lequel on dirige les rayons.

Deux jeunes manipulatrices se sont occupées de moi, très sympas. L’ambiance était très détendue. En fin de matinée, elles participaient à un petit moment de convivialité du service, où elles allaient échanger des petits cadeaux avec tous les autres. Personnellement, je me sentais beaucoup mieux, enfin, et je préparais Noël, que j’allais fêter avec L et des amis proches. Le tatouage ne m’a absolument pas fait mal, mais évidemment, si on m’avait tatoué un Père Noël ou une Tour Eiffel, je n’aurais peut-être pas dit ça…

Le reste des « vacances » s’est bien passé. J’ai pu faire quelques sorties : aller voir ma tante en maison de retraite à 30 km, mais la distance de conduite m’a épuisée, faire quelques séances de shopping, plusieurs, car au bout d’une heure je n’ai qu’une envie, rentrer chez moi, et nous rendre à pied fêter la saint-Sylvestre chez une voisine et ses enfants. Petit repas tranquille, bataille de ballons de baudruche, champagne sans exagération, mais sans restriction vu qu’on était à pied.

Puis l’angoisse est revenue. La radio-thérapie commencerait le 5 janvier à 18 h 40. Les expériences nouvelles, l’inconnu, m’ont toujours fait angoisser. Vu que L serait repartie bosser, j’irais seule. Autre angoisse, mon dossier de longue maladie. Déjà, on m’a mal renseigné au rectorat, avec un cancer, j’aurais pu faire la demande dès le début du congé et ne pas attendre. Et puis, les dossiers administratifs ça me stresse. J’en ai déjà 3 en route auprès de ma mutuelle, alors, en voilà un quatrième ! Mais surtout, mon sort passe dans les mains d’une commission médicale, qui pourra décider que je reprends ou non le boulot, à temps partiel ou à plein temps. Et moi, cette reprise, elle me hante. J’en parlerai dans la note suivante.

bout du tunnel

Et finalement, une autre angoisse, plus sournoise, réapparaît à chaque fois que l’euphorie d’une bonne nouvelle s’estompe. C’est quand même un cancer. Et si c’était plus grave qu’on ne l’a vu ? Et si on me trouvait des cellules cancéreuses ailleurs ? Et si je récidivais dans quelques mois ? …. Et toutes ces célébrités qui meurent du cancer et dont on nous rebat les oreilles ! Johnny, met la en sourdine je te prie. Enfin, tes fans je veux dire, et les journalistes !!! Pourrait-on parler des célébrités qui ont eu un cancer rapidement soigné et n’ont jamais récidivé ? Ça me remonterait le moral et ça encouragerait encore plus de gens à se faire dépister, alors que je suis sûre que les horreurs de la maladie qui sont médiatisées, cette information anxiogène, font que plein de malades potentiels font l’autruche et ne participent pas au dépistage.

tatouage-photo-50efefe1628f8

Heureusement, on ne m’a pas fait ça ! (trouvé sur internet « les pires tatouages »…)

Mieux ! vraiment mieux.

20171219_092617

Je vais bien. J’aurais tendance, parce que je ne peux m’empêcher de faire de l’humour, à ajouter « tout va bien ». Dany Boon, désolée pour le plagiat ! Ce n’est pas que le bon usage de la méthode Coué. Oui, je vais bien. Je vis presque normalement. Je dis « presque », parce que évidemment, je ne travaille pas, et si c’était le cas, je ne pense pas que je serais aussi fanfaronne. Je fatigue vite, et peux encore aller faire des siestes, à des heures bizarres. Il y a des siestes réparatrices et des siestes préparatoires. 

L’élément majeur qui me fait aller bien, c’est que la douleur est quasiment totalement partie, grâce aux patchs que le médecin m’a prescrits. La douleur fatigue. Alors évidemment, 0 douleur = 0 fatigue supplémentaire. J’ai même fait des courses de noël samedi, enfin, pas beaucoup, et on a surtout flâné. Il y a dans ma ville une vraie dynamique artistique. Et plusieurs boutiques éphémères se sont ouvertes dans le centre ville tranquille, loin du marché de noël surpeuplé. J’y ai vu des choses magnifiques, et L et moi avons même acheté une peinture. 

20171219_092617

Par ailleurs, j’essaye de profiter de ce congé pour m’occuper de ma santé en général. J’ai vu l’ostéopathe pour une cruralgie qui va de mal en pis depuis six mois. Je sens le mieux-être causé par mes entretiens avec ma psy. Et je suis contente d’avoir trouvé une personne qui va couper le feu de la radio-thérapie. Je cuisine raisonnablement, ajoutant des ingrédients qui sont conseillés en cas de cancer : graines de blé germées, curcuma, amandes amères… Et supprimant le plus possible graisses et sucres. (Dur, dur le sucre, quand c’est la saison du chocolat !) Je mange surtout le plus bio possible, en quantités pas trop importantes. Enfin, L m’a offert un petit objet bizarre, le dodow. Et honnêtement, ça marche. En tout cas, ça me calme et m’aide à pratiquer la respiration abdominale, que j’essaye de pratiquer régulièrement. 

dodow

Jeudi, on va me tatouer 3 points pour diriger les rayons au bon endroit. Je saurai alors quand mes séances vont commencer. Mais non, je n’angoisse pas !

La semaine dernière, je suis allée voir une pièce de théâtre au lycée. Un jeune collègue m’avait invitée. Ravie de la pièce. Émue par tous les collègues qui étaient contents de me voir. Mais anéantie par le bruit, la foule des élèves dans le couloir, dans le hall. Pas prête.

 

Peur, pas peur

emotion_rollercoaster

Du temps a passé. Le 28 novembre avait lieu la visite post-opératoire avec le chirurgien. Après l’euphorie de l’annonce de l’ambulatoire et non d’une chirurgie lourde, le réveil correct et le fait que le chirurgien avait l’air satisfait, la semaine suivante où j’étais un peu dans un état second, le moment où les douleurs se sont réveillées, mais où je me disais tout va bien, il y a eu le moment où j’ai eu un peu moins mal, mais le temps de penser. Et si on m’annonçait que finalement, c’était plus grave et qu’il fallait me réopérer ! 5 à 10 % des femmes sont réopérées m’avait dit 3 fois le chirurgien. A nouveau l’angoisse, quelques jours où j’ai dû être tendue et peu agréable. En tout cas, intérieurement, l’impression que pour les autres tout était plié, physiquement j’allais bien, enfin, normalement bien après une opération, et je ne parlais pas de mes angoisses de peur de faire chier mes amis. J’en parlais à L quand même, mais pas trop, car, elle, s’angoissait aussi. J’ai réalisé qu’elle avait vraiment peur de me perdre. Comme moi l’apparente normalité de mon corps, de mon état physique en comparaison de la gravité évoquée par le mot « cancer » était flippante. 

L est restée avec moi pour les rendez-vous du 28. Le chirurgien et le radio-thérapeute. Oui, deux jours avant on m’a annoncé par téléphone ce deuxième rendez-vous. Soulagement. Ben oui, on m’aurait dit « oncologue médical », j’aurais su que le diagnostic était mauvais. Mais là, et j’en ai eu la confirmation à 8 h 30 mardi 28, je n’aurai que de la radiothérapie. 33 séances quand même. Au lieu des 25 annoncées lors du premier rendez-vous pré-opératoire. Ensuite, j’ai su que ma tumeur mesurait 8 millimètres, était non-agressive, mais très hormonosensible, ce qui signifie que j’aurai un traitement pendant 5 ans après les rayons. Un cachet par jour.

J’ai signalé au chirurgien que j’avais toujours des douleurs dans le bras, et sous le bras, au niveau de l’aisselle et il m’a dit qu’il me prenait un rendez-vous avec un médecin du service anti-douleurs. Au niveau de la cicatrice et du sein lui-même, ça va beaucoup mieux. C’est encore un peu dur, mais je masse, je masse. J’aime l’odeur des huiles avec lesquelles je masse. J’aime l’atmosphère de ma salle de bains en ce moment, y respirer.

Du coup, j’ai été convoquée lundi 4 au soir. Belle réactivité de cet hôpital. J’ai rencontré un médecin très calme, posé, très clair dans ses explications. Je suis ressortie avec une prescription journalière d’un comprimé le soir du médicament que j’avais pris pendant 15 jours après l’opération, ajouté à des patches que je porte douze heures durant la journée aux endroits du bras qui me font mal. Ce sont des douleurs neuropathiques dues à la section d’un nerf pendant l’opération. Classiques, mais prises en compte. Je pourrai sans doute un jour redevenir prof et écrire au tableau. Quelle joie !

Et la suite, me direz-vous ! Eh bien, le 21 décembre je passe un scanner, pour que l’on tatoue trois points qui définiront l’endroit exacte où l’on doit faire les rayons. Puis, en janvier, j’irai 33 fois à l’hôpital, tous les jours sauf les samedi et dimanche. Ça dure 10 minutes, dont une minutes seulement d’irradiation. Je n’angoisse pas trop parce que tout le monde me dit que ça ne fait pas mal. Mais je me souviens de ma mère, qui était épuisée. Mais elle souffrait plus par ailleurs. Si j’ai peur, c’est de l’inconnu bien sûr. Alors je sais que quelques jours avant je vais angoisser. Mais auparavant, je vais pouvoir profiter de noël, de mes amis, du champagne.

emotion_rollercoaster

Ce que je retiens de cette période, ce sont les montagnes russes au niveau du moral. Les angoisses qui succèdent aux euphories, suivies elles-mêmes de nouvelles angoisses, puis de nouvelles euphories, etc. C’est épuisant. Moralement et physiquement. Je n’en ai pas parlé à la psy que j’ai commencé à voir, car on règle un problème plus ancien, mais qui exacerbe tout ce que je viens de vous décrire. Mais je garde ça pour une prochaine séance. Séance non remboursée par ma mutuelle, car la dame n’a pas les diplômes exigés par la MGEN.  J’aurais quand même touché 15 euros par séance, mais là, non. Ils sont rats et réacs. Tout ce qui n’est pas médecine traditionnelle est regardé avec suspicion et non-remboursé ! Heureusement ma psychologue, formée dans trois écoles, est moins près de ses sous et me demande 50 euros pour une séance de deux heures (!!) et ne pousse pas à la consommation. Une séance par moi pour l’instant. Elle est spécialiste des thérapies brèves, ce qui me va parfaitement.

Ce blog, gratuit, fait partie aussi de ma thérapie (même si j’ai peu de lecteurs.trices) et m’aide à vivre cette période un peu traumatisante de ma vie. Tout comme la micro-kinésithérapeute que j’ai vue avant l’opération, l’acupunctrice, la réflexologue, et l’ostéopathe que je vais bientôt voir. (Pour lui, la mutuelle sus-nommée offre royalement un forfait de 70 euros par an, si on en choisit un dans SA liste !!!). 

Bon, j’ai l’air de me plaindre comme ça, mais j’exagère. Ma mutuelle prend en charge 4.94 par heure d’aide-ménagère (12 par mois) et j’ai appris que l’Education Nationale (mais si !!!) donnait, elle, 5 euros par heure. J’ignorais même l’existence de cette aide. J’en conclus qu’un prof peut souffrir dans son corps des suites d’une chirurgie, mais doit le faire dans la propreté.

de Michael Ancher, peintre danois.

de Michael Ancher, peintre danois.

 

CONVALESCENCE

immortelle

Donc on m’a renvoyée chez moi. Pendant deux jours j’ai dormi, interrompue par la visite de l’infirmière pour changer le pansement. L’ordonnance stipulait une visite tous les deux jours pendant dix jours. Quand l’anesthésiant a cessé de faire effet, j’ai eu très mal. Au sein et au bras. Dans le sein, ça ne prévenait pas, mais cela faisait une grande douleur électrique sur certains gestes. Dans le bras, c’était surtout en dessous, à l’endroit où l’on a retiré le ganglion sentinelle, et derrière le bras, une zone sans sensibilité, mais bizarrement qui lançait elle aussi des chocs électriques. Le corps est étrange. 

3237507881_1_5_HlDSqfLg

Pendant cette somnolence et ces douleurs, pas envie de visite. Les gens ont été parfaits, ils ne sont pas venus. L s’est occupée de moi comme si elle avait été infirmière ou garde-malade toute sa vie. Comment font les gens qui sont seuls ? Tout le monde n’a pas une L adorable à domicile ! Quand j’ai pu, on a regardé quelques épisodes de séries légères ensemble. Puis j’ai réussi à refaire un peu la cuisine avec elle. On ne mange plus que bio, beaucoup de légumes.  A ce propos, c’est étrange, la balance me dit que je n’ai pas maigri, je mange comme 4, et pourtant mon corps donne une image plus fine. 

Le sixième jour, je me suis habillée et suis allée ouvrir moi-même à l’infirmière. Maintenant, ça fait quinze jours. Je m’occupe seule de ma cicatrice. Je l’apprivoise, je m’y habitue, je me l’approprie. Je la masse avec de la pommade Cicaplast, comme me l’a conseillé l’infirmière. Mais je complète avec des massages d’huile de calendula à laquelle j’ajoute 3 gouttes d’huile essentielle d’immortelle. Mon bras qui a toujours mal, je le masse également à l’huile de calendula. Par ailleurs, je continue l’arnica en homéopathie.

A part ça, est-ce le stress, le moral ou vraiment l’opération, je me sens très fatiguée.

J’aime bien l’idée que l’huile essentielle qui va me faire du bien est l’ »immortelle ».

immortelle

PASSAGE A L’ACTE

mug-je-suis-une-infirmiere-qui-dechire

Comment ça se passe ? Ça commence la veille. On angoisse pas mal, mais comme L est rentrée exceptionnellement le jeudi soir et a pris son vendredi, je ne suis pas toute seule. Heureusement, parce que je sais que je n’aurais pas dormi. Les consignes, c’est deux douches la veille et deux douches le matin, avec des produits sortant de flacons neufs. Et pour chaque douche, un shampoing. Ne pas omettre le nombril et plein d’autres conseils très précis qui montrent que finalement les français ne savent pas forcément se doucher. J’ai le droit de manger jusqu’à minuit. Ça ne veut pas dire que je me suis empiffrée jusqu’à 0 h 00. Je ne bois pas beaucoup en général, donc pour ça aussi c’était assez simple. On met deux réveils pour être sur de se réveiller. Et évidemment, on est prêtes en avance. Je vérifie tous les papiers, les signatures, la carte vitale, tout y est. Je suis convoquée à 8 h 00. L’admission a été faite. On arrive à 7 h 35. Comme ça, L a largement le temps de vérifier l’itinéraire de retour, le parking idéal, etc. Quand on voit que plus personne n’attend devant l’entrée, on entre aussi et on se rend directement au service « chirurgie ambulatoire ». 

chambre double

Une infirmière nous accueille et tout de suite me fait entrer dans ma chambre et me prépare : Explications. Lit prêt avec le déguisement pour plus tard. Elle me fait une prise de sang, du moins elle essaie, car le creux de mon coude gauche est plus que récalcitrant, tout bleu qu’il est d’une autre prise de sang une semaine plus tôt. Du coup elle essaie sur mon poignet, sous mon pouce. Ça marche, mais ce n’est pas assez grand pour placer la perfusion. La deuxième occupante de la chambre arrive. L’infirmière réexplique. La dame ne s’est pas épilée. Je me demande si elle s’est douchée.

7603fe660a7e9a52b0367ebef4a7ff0b

On placera la perf plus tard, car là, un brancardier vient me chercher pour m’emmener en radiologie pour qu’on me place un fil qui va jusqu’à la tumeur pour guider le chirurgien dans son geste. Là, surtout, expliquer. Il y a deux clips, mais une seule tumeur cancéreuse. Indiquer ou est la « bonne ».  Un manipulateur radio, jeune, m’explique tout, parle beaucoup, pour me mettre à l’aise. Le radiologue, lui, est beaucoup plus froid. Il s’appelle Hénon. Je me dis que c’est peut-être le père de l’élève surdouée que j’ai eue il y a trois ou quatre ans. Après le placement du fil, assez douloureux quand même, on vérifie par une mammographie que tout est correct. J’espère fortement que oui. Pas envie de les voir me retirer le fil et le replacer ! On met un pansement sur le fil qui dépasse droit devant à l’avant du sein. C’est plus pratique pour me rhabiller ! Le brancardier, gentil, vient me rechercher en salle d’attente et m’emmène cette fois en médecine nucléaire. Au bout de quelques minutes, je rencontre le médecin, qui m’explique qu’on va m’injecter un produit qui mettra en valeur tout ce que le chirurgien doit retirer. Je passe un quart d’heure avec les deux infirmie.è.r.e.s qui attendent le produit à injecter et qui arrive par un monte-charge. Tout cela semble secret, minuté, protégé. Mais, eux, parlent vacances, cancans du service. C’est drôle. Puis, après une injection rapide et sans douleur, (je ne sais plus où), on m’emmène dans une salle où deux filles, pas beaucoup plus impliquées dans ce qu’elles font (humainement, je veux dire), qui m’installent sur une table, me disent de ne pas bouger, de retenir ma respiration, et sortent. Là, je sens que je suis en train de devenir radio-active. J’en ai confirmation quand dans la salle d’attente je lis une note : « Mesdames, Messieurs, veuillez allez uriner dans les toilettes avant de sortir du service, pour protéger la planète. » Je ne sais pas si ça me concerne, mais je me force et vais faire don de quelques gouttes. 

Le brancardier arrive juste après et me remmène dans ma chambre. Ma co-loc arrive peu après. J’ai eu le temps d’enfiler ma tenue d’opération, de ranger mes affaires dans mon placard, et de cacher la clé. J’ai trouvé une cachette un peu complexe, que j’ai décrite à L par SMS, au cas où j’aurais oublié après l’anesthésie. L’infirmière m’a déjà donné 3 cachets à prendre avec un liquide jaune, pétillant, au goût atroce. Je sens que ça ne tardera pas à me faire dormir. L’infirmière ré-essaye de trouver un endroit pour la perf. Elle galère. Et moi aussi. La dame à côté, pas si vieille que ça, mais à l’ouest, piaille non stop, commentant tout ce qu’elle fait. Elle n’a pas fait signer la feuille de prise en charge par un proche après l’anesthésie. Je me dis que c’est comme en classe. T’as beau donner les consignes, y’en a toujours un qui n’a rien écouté ou rien compris. 

Enfin prête ! Il est onze heures. Mais on ne viendra me chercher qu’à 13 h. Ce n’est pas grave, je somnole et dors même. A côté de moi, la dame gigote, fait ses mots croisés, assise. Comment fait-elle ? J’en suis à me demander si elle a pris la prémédication quand on lui a dit de le faire…

Le brancardier, toujours le même, vient me chercher, m’emmène jusqu’au bloc. Toujours gentiment. Il me demande de passer sur un autre brancard. J’ai mes lunettes et une pochette plastique pour les mettre quand je n’en aurai plus besoin. Je me suis imaginé que je verrais le chirurgien.

Il fait froid. On me fait entrer dans le bloc. Il fait encore plus froid. Je repasse encore sur une nouvelle table. Je vais devenir géniale en déplacement latéral sur le dos. Une dame me dit « j’envoie le produit ». Une autre me place un masque et précise que c’est de l’oxygène, que ce n’est pas ce qui va m’endormir. 

Je me réveille. Une infirmière brune, me dit « Madame , il faut vous réveiller. Ca fait une heure vingt que vous êtes là. » Je me rappelle qu’on m’avait parlé d’une demi-heure en salle de réveil ! Elle revient ; elle a déjà dû essayer plusieurs fois de me réveiller. Et comme je dis « mmh » quand elle me demande si ça va, elle appelle le brancardier. Qui me reconduit dans ma chambre. Là, je suis un peu plus réveillée. J’appelle L et ma meilleure amie. Elles arrivent sans doute 15 minutes après. Alors je me lève et prudemment vais vers la salle de bains pour me rhabiller. Mais entre temps, l’infirmière a retiré la perf, et ça a giclé ! il y a du sang plein ma trousse de toilette. L’interne est venue me dire que tout s’était bien passé. Mais un peu plus tard, le chirurgien passe a son tour et me dit. « J’ai facilement trouvé le cancer, je l’ai retiré et beaucoup autour pour être sûr. Et j’ai retiré le ganglion sentinelle. C’est tout. Tout s’est très bien passé. » Tout cela me rassure, son sourire aussi.

L’infirmière m’emmène me promener un peu dans les couloirs. J’ai le temps de lui raconter que ma mère avait été soignée dans cet hopital en 1986, et que c’est pour ça que je l’ai choisi. Ca doit la convaincre que je suis apte à rentrer chez moi. Je lui dis merci. Je le pense vraiment.

mug-je-suis-une-infirmiere-qui-dechire

Retour à la maison. Je dors très vite et bien. Je raconterai la suite plus tard.

DE LA VARIÉTÉ DES SENTIMENTS

zolam_et_la_crise_d__angoisse_by_funambulle

Je suis allée voir la psychologue. J’y suis restée une heure quarante. La première séance, on se présente. Elle pose beaucoup de questions. Elle dégage déjà un objectif : me débarrasser de cet énorme nœud de souffrance qui squatte en moi depuis 41 ans. La mort de mon frère, choisie, détermine en effet toutes mes réactions, tous mes choix, tous mes sentiments. En tout cas c’est ce qui ressort de ce premier échange. Comme je ne veux pas que cela influence aussi mon cancer, je vais tout faire pour moins souffrir. La mémoire jouant des tours au fil des années et nous faisant oublier des détails et des images sur nos morts, on a parfois tendance à cultiver cette souffrance, à l’apprivoiser, mais finalement à vivre avec plutôt qu’à la supprimer. Je crois avoir compris ça dans notre échange. Il faut aussi me délester d’une colère qui subsiste en moi.

J’ai rencontré l’infirmière qui sera là lors de l’opération et l’anesthésiste. Ils ont de l’humour, mais m’ont quand même expliqué des choses sérieuses. Je me suis épilée. Je dois prendre deux douches et me faire deux shampoings ce soir, avec des produits sortant de flacons neufs (!) et refaire ça demain matin. Bien sûr je dois cesser d’avaler quoi que ce soit, solide ou liquide à partir de minuit. Je dois apporter des sous-vêtements propres. (re- !!). En principe je sors le soir même après l’opération, sauf si je ne suis pas assez réveillée. Dans ce cas, une nuit d’hôtel aux frais de l’état !

Quelques soucis matériels se sont tapé l’incruste. On a dû changer la serrure ; heureusement on a eu le temps de donner une clé neuve à la dame qui garde le chat quand on part. On a eu une panne de chauffage. Plombier. Et hier soir, le chauffe-eau s’est arrêté intempestivement. Là, j’ai réussi à le rallumer toute seule, mais ça a pris du temps et des larmes. Du coup, L, qui devait ne revenir que demain après-midi rentrera ce soir et sera là toute la journée pendant l’opération. Espérons qu’ils seront compréhensifs à son boulot. 

Un paragraphe positif ? Nous sommes parties 4 jours en Angleterre, dans le sud, à Eastbourne. Quelle parenthèse merveilleuse ! Je me sens à la fois ailleurs et chez moi dès que je passe la Manche. De plus nous avons eu un très beau temps. Nous nous sommes promenées au bord de la mer, sur la jetée. Nous nous sommes trouvé un joli pub de campagne pour manger dimanche. Nous avons testé deux restos Thaï et un Indien. A chaque fois un délice, des épices subtiles mais qui ne manquent pas de puissance et une amabilité et un prix à faire pâlir tous ceux qui cherchent des compliments sur Tripeudvaillezeur ! Nous avons fait aussi un peu de shopping, souriant aux trouvailles halloweeniennes, et s’extasiant sur les cartes et la papeterie. Un restau bio / végétarien nous a conquises lors de cette virée en centre-ville.

pub fairlight

Me voici à J-1. L’angoisse s’est mise à monter durant la dernière nuit en GB et ne m’a quittée que par intermittence. J’essaie de rationaliser. Mais j’ai beaucoup de mal. Je suis quelqu’un d’angoissée, mais habituée à le cacher. Je connais la douleur, l’oppression, au niveau du sternum. Mais je ne l’avais jamais ressentie comme cette nuit d’il y a 60 heures environ, où même mon pouls devenait erratique. J’ai eu l’impression de ne pas relâcher du tout de la nuit. Durant tout ce mois d’attente, le jour est arrivé à chaque fois comme une délivrance, et cette dernière nuit en GB, encore plus. 

zolam_et_la_crise_d__angoisse_by_funambulle

Si je n’avais pas oublié mon chéquier…

acupuncture-mamedecine

Hier j’ai eu l’impression que la fin de mon après-midi ressemblait à ces alignements de dominos que l’on fait tomber les uns après les autres, sans pouvoir les arrêter, rien qu’en poussant le premier. 

dominos

J’avais rendez-vous chez l’acupunctrice. Je la voyais pour la première fois. J’étais prête, propre et bien coiffée, ce dernier détail parce que je retrouvais ma cousine pour un petit restau après la séance.

Je suis partie de chez moi en tramway, et me suis rendu compte en cherchant ma carte de tram que j’avais oublié mon chéquier. Qu’à cela ne tienne, je prendrais des sous à un distributeur. Pour ce faire il me fallait traverser l’immense place piétonne de ma ville, coupée en deux exceptionnellement par des tentes en enfilade, pour lesquelles, en raison de vigipirate je suppose, il y avait une entrée et une seule d’un côté, et une sortie et une seule de l’autre. Je croyais qu’il s’agissait de dégustations de produits locaux, mais non, c’était un lieu de rencontre pour des demandeurs d’emploi et des employeurs potentiels. Pour alimenter des ordinateurs à l’intérieur des tentes, il fallait de l’électricité, que des techniciens avaient acheminée jusqu’aux tentes en coinçant les fils et câbles sous une espèce de tunnel en caoutchouc noir épais, qui formait une gouttière de faible épaisseur en travers du trottoir qui restait à la disposition des piétons le long des tentes. De faible épaisseur, mais assez cependant pour faire trébucher une cinquantenaire, bientôt soixantenaire (Aaargh !!! Help !!!) qui marche tout en regardant droit devant elle pour trouver un DAB. Ce qui arriva.

La presque soixantenaire partit en avant, mais eut le temps de poser les mains en avant pour se protéger et eut du baume au cœur quand elle réalisa que les passants restaient sur place pour vérifier que tout allait bien, mais ne se précipitaient pas pour la relever comme on le ferait pour une personne âgée. Une fois debout, et malgré une douleur au genou droit et à la main gauche, je me dirigeai vers le DAB, sortit 60 euros, et repartit vers un café, car je venais de réaliser que mes mains étaient, à cause de la chute, très crasseuses. Pas question d’arriver à mon rendez-vous dans cet état. Je choisis une brasserie assez calme à cette heure, et où je sais les toilettes propres. J’ai donc dû commander un diabolo violette (je suis de cette race de gens trop bien élevés qui n’osent pas utiliser les toilettes d’un café sans consommer.) et je fis très attention en redescendant les escaliers qui mènent aux toilettes.

Une fois arrivée chez l’acupunctrice, je vis à son air étonné qu’elle ne m’attendait pas. Je protestai, assurant que si j’avais écrit 17 h 30 sur mon agenda papier et sur mon agenda électronique, c’est que j’avais rendez-vous ce jour-là à 17 h 30. Elle me redemanda mon nom, et soudain la lumière fut. Elle me montra un post-it qui disait qu’un monsieur, du même nom que moi, annulait son rendez-vous. Seulement, ce n’était pas moi, et elle avait annulé le mauvais rendez-vous et l’avait remplacé par un autre. Damned ! 

Elle a vite téléphoné à une dame qui devait arriver 20 minutes plus tard pour retarder sa séance de 30 minutes et on a réussi à faire notre première séance, avec discussion pour faire connaissance, puis plantage d’aiguilles, puis repos (comme pour la pâte à crêpes.), puis retirage des aiguilles. Commentaires. Je suis très réactive. Ça, j’ai senti. A un moment j’ai eu une douleur extrême au pied droit sur le dessus duquel elle avait planté une des aiguilles. C’est l’estomac. Là où toutes les angoisses, nouvelles et anciennes, se concentrent. Elle m’a fixé un nouveau rendez-vous une semaine après l’opération. Et elle a bien vu qu’elle avait du boulot. J’expliquerai peut-être dans une autre note tous les traumas anciens dont je n’ai sans doute pas assez vidé mon corps. Je commencerai peut-être dès mardi, puisque j’aurai mon premier rendez-vous avec une psychologue.

acupuncture-mamedecine

Soulagement

stress-angoisse-anxiete

Je peux m’angoisser jusqu’à m’en rendre malade, à ressentir des symptômes physiques : douleur persistante au niveau du sternum et dans ma gorge, maux de tête, impossibilité de manger quoi que ce soit, comme si mon estomac criait non, et d’autres choses que je n’arrive pas à décrire. Cela va en croissant, puis, je passe à l’action, là, je me calme. J’assure. S’il y a du public, il doit se dire que je suis forte. On m’annonce une bonne nouvelle ou je trouve une solution, et soudain, en une seconde, les symptômes disparaissent.

C’est ce qui s’est passé ce matin. Depuis le 5 octobre, jour de l’IRM et de la dernière biopsie, je n’ai cessé de me faire du souci, d’envisager des situations de plus en plus dures et graves. Ce matin, une fois arrivée au parking de l’hôpital, à l’heure malgré la circulation démentielle, j’ai senti que je me calmais. Puis j’ai parlé au chirurgien. L était à mes côtés. Il m’a dit que la deuxième « chose » détectée par le radiologue n’était finalement que quelque chose de bénin, que j’allais être opérée en ambulatoire le 3 novembre, comme prévu, et qu’on ne me retirerait que la petite tumeur. Et depuis, je vais tellement bien que j’en oublierai presque que j’ai quand même un cancer.

Hier j’avais fait une séance de micro-kinésithérapie qui m’avait déjà fait un grand pas dans ma capacité à respirer.

Et demain, je vais voir une acupunctrice. On m’a dit qu’il était judicieux d’en voir une avant et après l’opération. Je vais aussi lui parler des « coupeurs de feu » dans l’optique de la radiothérapie.

Mais je ne fais pas que des choses liées au médical. Cet après-midi je suis allée bavarder sur la terrasse d’un salon de thé, dans une petite place du centre ville, où l’on se sent complètement au calme. Demain soir, je mange avec ma cousine. Je ne sais pas encore où. Mais je vais trouver une idée.

L nous a abonnées à Netflix, alors je vais pouvoir regarder des séries et des films en anglais. Jusqu’ici, je n’ai pas réussi à m’y mettre. Trop dur de se concentrer. En revanche j’ai commencé à numériser des vieilles photos de famille, que je mettrai en ligne pour que tous les membres de cette famille puissent les consulter.

Demain, je lirai en détail le programme  »Canto » auquel j’ai accepté de participer. Je vous en dirai plus quand cette lecture sera finie.

stress-angoisse-anxiete

12



Cahiernumeriquece2 |
Mycoachblog |
Similar To Payoneer Card Apply |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Conscience & les sym...
| Cazare Baile Herculane Casa...
| Cazare Costinesti Cea Mai I...